Quel est le pays le moins heureux et quelles en sont les raisons ?

Dire que le bonheur se partage équitablement sur la carte du monde relèverait de la fiction. Tandis que certains pays affichent une mine radieuse dans les classements internationaux, d’autres peinent à trouver la moindre lueur d’espoir. L’Afghanistan, lui, porte la lourde étiquette du pays le moins heureux de la planète. Les raisons de ce sombre constat s’entremêlent et forment un enchevêtrement difficile à démêler.

La réalité afghane ne laisse guère de place à l’optimisme. Les habitants évoluent dans un quotidien marqué par la précarité et la peur, où chaque nouvelle journée apporte son lot d’incertitudes. Leur environnement est façonné par des épreuves multiples :

  • Des conflits armés qui n’en finissent pas
  • Une instabilité politique chronique
  • Une pauvreté généralisée
  • Des obstacles majeurs à l’accès aux soins et à l’éducation

Ce climat pesant sape l’espoir de milliers de familles. Entre la perte de proches, la destruction des infrastructures et l’absence de perspectives claires, le sentiment d’impuissance s’installe. Dans ces conditions, pour beaucoup, rechercher un minimum de bonheur relève de l’impossible.

Comment le bonheur est mesuré ?

Le World Happiness Report s’est imposé comme la référence mondiale pour évaluer le niveau de bonheur des pays. Piloté par le Réseau de Solutions pour le Développement Durable (SDSN) des Nations Unies, ce rapport doit sa crédibilité à une équipe d’experts renommés, Jeffrey Sachs, John Helliwell, Lara Aknin et Jan-Emmanuel De Neve, et s’appuie sur l’immense base de données des sondages Gallup.

Méthodologie

Pour comprendre la mécanique de ce classement, il suffit d’observer les principaux critères scrutés par le rapport. Ces éléments structurent la façon dont le bonheur est envisagé à l’échelle internationale :

  • PIB par habitant
  • Soutien social
  • Espérance de vie en bonne santé
  • Liberté dans les choix de vie
  • Générosité
  • Perception de la corruption

L’ensemble de ces indicateurs offre un aperçu nuancé du bien-être collectif, bien au-delà d’une simple photographie économique.

Partenariats académiques

Pour garantir la solidité de ses analyses, le rapport s’appuie aussi sur des collaborations avec des institutions telles que la London School of Economics. Ce réseau universitaire apporte une expertise méthodologique qui renforce la fiabilité des conclusions publiées.

Principales conclusions

Ce tableau mondial du bonheur fait apparaître des contrastes marqués. Les pays scandinaves occupent régulièrement le haut du classement, portés par une stabilité et une cohésion sociale remarquables. À l’inverse, des pays comme l’Afghanistan se trouvent en bas de l’échelle, freinés par des difficultés persistantes qui affectent profondément le quotidien de leurs citoyens.

Le pays le moins heureux en 2023

Le constat est sans appel pour l’année 2023 : l’Afghanistan se retrouve en toute dernière position dans le World Happiness Report. Entre les conflits, l’insécurité et l’effondrement des structures de base, la vie y reste marquée par la survie plutôt que par l’épanouissement.

Juste au-dessus dans le classement, le Liban traverse une période particulièrement sombre. L’économie s’effondre, la monnaie perd toute valeur et la corruption étouffe les possibilités de rebond. Les systèmes de santé et d’éducation, jadis sources de fierté, sont désormais à l’agonie. Résultat : un moral collectif au plus bas.

Le Zimbabwe n’est pas épargné non plus. Plusieurs facteurs pèsent sur la population :

  • Un système économique au bord du gouffre
  • Des prix qui s’envolent, rendant le quotidien impraticable
  • Des droits humains bafoués de façon répétée

Dans ces conditions, la pauvreté s’installe durablement, accompagnée d’une répression omniprésente.

Ces exemples illustrent comment l’instabilité politique, les conflits et une gouvernance défaillante peuvent peser lourdement sur le moral des habitants. Les initiatives internationales pour soutenir ces pays prennent ici tout leur sens, même si le chemin vers une amélioration reste long et semé d’embûches.

Facteurs contribuant à l’insatisfaction

Si l’on s’attarde sur les points communs entre les pays les moins heureux, certains éléments ressortent avec force. L’instabilité politique s’impose comme un fil rouge : en Afghanistan, la guerre et l’absence de vraie autorité gangrènent la société ; au Liban, la corruption et l’effondrement économique sapent la confiance envers l’État.

La précarité économique fait aussi partie du lot. Au Zimbabwe, l’inflation emporte tout sur son passage. En République Démocratique du Congo ou au Sierra Leone, la pauvreté et le manque d’infrastructures grippent toute perspective d’évolution positive.

Quant à la corruption, elle touche de nombreux États. Au Lesotho, au Malawi, en Tanzanie ou en Zambie, les citoyens en subissent directement les conséquences et voient leurs espoirs de changement s’amenuiser. Les mécanismes de gouvernance défaillants entravent toute avancée significative.

Enfin, les violations des droits humains restent fréquentes. En Eswatini, la répression politique et les restrictions des libertés individuelles alimentent la peur. Au Rwanda, les atteintes répétées aux droits fondamentaux bloquent toute dynamique positive.

Ces différents aspects, combinés, créent un environnement dans lequel l’accès au bonheur semble hors de portée pour une majorité de la population.

bonheur triste

Comparaison avec les pays les plus heureux

À l’opposé du spectre, la Finlande, le Danemark et l’Islande s’imposent en tête du World Happiness Report. Ces pays affichent un niveau de vie élevé, des services de santé efficaces et une solidarité sociale qui fait figure de modèle.

  • Finlande : 1ère place
  • Danemark : 2ème place
  • Islande : 3ème place

Le contraste avec les pays du bas de classement est saisissant. Là où l’Afghanistan lutte pour la stabilité, la Finlande bénéficie d’un gouvernement transparent et performant. Le Danemark, avec ses politiques de redistribution et son tissu social solide, se démarque nettement d’un Liban asphyxié par la crise.

La Suisse et les Pays-Bas, placés respectivement aux quatrième et cinquième rangs, illustrent également ce que peut être une société où la satisfaction des citoyens reste au cœur des priorités. À l’inverse, le Zimbabwe doit composer avec des défis économiques et sociaux majeurs, amplifiés par une gouvernance défaillante.

Un autre point ressort avec force : la liberté individuelle. En Islande, chacun peut faire des choix de vie en toute autonomie, dans un climat d’égalité. Dans des pays comme l’Eswatini ou le Rwanda, cette liberté reste un idéal lointain, constamment remise en cause par le pouvoir en place.

Ces écarts entre nations rappellent que le bonheur collectif ne tombe jamais du ciel. Il se construit, s’entretient et dépend largement des politiques publiques, de la qualité des institutions et de la confiance que les habitants peuvent placer en leur avenir.

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